Charles Gaines
Manifestos, 2008
Musée d'art contemporain de Montréal
22.10.14 – 05.02.15

Depuis les années 1970, Charles Gaines réalisent des œuvres hautement formelles qui, par un recours à un système ou un ensemble rigoureux de règles, mettent en jeu des positions artistiques et politiques éclectiques. Son intérêt pour une esthétique des systèmes pourrait se rapprocher du travail systématisé des artistes minimalistes, de Fluxus et aux premiers créateurs conceptuels, mais les œuvres de Gaines s’en distinguent par leur capacité de s’engager directement dans des propositions prosaïques, sociales, politiques et philosophiques. Conséquemment, son travail évoque la vaste gamme de relations qui nourrit la cause humaniste de justice sociale.

Dans Skybox I (2011), une boîte lumineuse de 3,65 mètres présente des textes sur les droits de la personne rédigés par Gerard Winstanley, réformateur religieux du 17e siècle, et par Léopold Sédar Senghor, Frantz Fanon et Ho Chi Minh, philosophes et hommes politiques du 20e siècle. Les textes fondent graduellement au noir pour révéler un ciel nocturne, lui-même toujours fondamentalement variable. Manifesto 2 (2013) renvoie à quatre manifestes, dont An Indigenous Manifesto (1999) du Canadien Taiaiake Alfred et le dernier discours de Malcolm X en 1965 à l’auditorium Ford de Detroit. BNLMTL 2014 en présente le précurseur, soit Manifestos (2008) qui cite les manifestes révolutionnaires du Congrès de l’Internationale socialiste, de l’Internationale situationniste, des Black Panthers et de l’Armée zapatiste de libération nationale. Les textes ont ensuite été traduits en signes musicaux par l’artiste pour produire à la fois des œuvres-partitions qui sont accrochées au mur, et, ultimement, une musique qui émane de quatre écrans pour accompagner les images des textes défilant à la verticale. Les partitions et la musique renvoient, quant à elles, à une tradition de chants révolutionnaires et protestataires.
—GB