Edgar Arceneaux
A Time To Break Silence, 2013
Parisian Laundry
22.10.14 – 20.12.14

C’est l’humanisme axé sur l’avenir, tel que prôné par le docteur Martin Luther King Jr, leader du militantisme pour les droits civiques, qui sert de leitmotiv aux deux œuvres d’Edgar Arceneaux. Dans son film A Time To Break Silence (2013), présenté ici sous forme d’installation, l’artiste met en relation deux événements survenus dans les années 1960 pour réfléchir à leur héritage ainsi qu’à leurs répercussions sur l’avenir des villes américaines. L’œuvre tire son titre du dernier grand discours de King intitulé « Beyond Vietnam », dans lequel le pasteur dénonce la participation des États-Unis dans cette guerre, la décrivant comme « l’ennemi des pauvres ». King a été assassiné exactement un an plus tard, en 1968, deux jours avant la première de 2001: A Space Odyssey de Stanley Kubrick à Washington, D.C. Dans le film d’Arceneaux, King reprend son discours dans l’Église St. Anne de Detroit, qui semble ici une ruine éternelle, pendant qu’un homme préhistorique du nom de Stargazer inspecte l’endroit. Le film de Kubrick et le discours de King abordent tous deux la technologie selon une dualité outil/arme, lien que vient souligner la collaboration d’Arceneaux avec Underground Resistance, collectif d’innovateurs en musique techno de Detroit qui a produit la bande sonore du film.
—GB

Image extraite de A Time To Break Silence, 2013, video HD monobande, couleur, son,
 64 minutes (avec l’aimable permission de l’artiste et Susanne Vielmetter Los Angeles Projects)
Image extraite de A Time To Break Silence, 2013, video HD monobande, couleur, son,
 64 minutes (avec l’aimable permission de l’artiste et Susanne Vielmetter Los Angeles Projects)
A Nobel Prize and a Bible, 2014
Musée d'art contemporain de Montréal
22.10.14 – 04.01.15

A Nobel Prize and a Bible (2014) commence par une lettre anonyme expédiée à Martin Luther King en 1964, qui l’incite au suicide, au risque de faire face à de graves conséquences. La lettre était accompagnée de bandes sonores, issues d’écoutes téléphoniques faites par le FBI, qui mettaient en relief les relations extraconjugales de King; on apprendra plus tard que l’opération avait été baptisée « Suicide Package » par ses créateurs J. Edgar Hoover et le FBI. La lettre en soi contient des sections éditées qui pourraient renvoyer au contenu des bandes.

Placés à 90° du mur de la galerie, les 5 panneaux suivant cette lettre en reprennent les parties éditées comme autant de formes en miroir reflétant leur environnement, soit la salle et le spectateur. Arceneaux en parle comme d’une ombre quadridimensionnelle qui traverse cinquante ans d’histoire, double métaphore évoquant les secrets d’un homme et de sa famille, de même que les forces économiques et idéologiques invisibles qui sont radicalement à l’œuvre aux États-Unis. Sur le septième et dernier panneau, qui renvoie à une déclaration de la fille de King, Bernice A. King, la médaille du Prix Nobel de la paix de King ainsi que sa Bible sont passées de symboles d’une quête pour l’avancement social au statut de reliques raréfiées, coûteuses, représentant une valeur d’échange sociale et symbolique et qui, ce faisant, déchirent une famille et un héritage.
—GB

A Nobel Prize and a Bible, 2014, sept parties : peinture sur verre mirorisé, cadre en acier fait à la main, lumières rouges et vertes, 107.95 x 591.82 x 3.81cm (avec l’aimable permission de l’artiste et Susanne Vielmetter Los Angeles Projects)
Biographie

Né en 1972 à Los Angeles, Edgar Arceneaux détient un baccalauréat en beaux-arts de l’Art Center College of Design (1996) et une maîtrise en beaux-arts du California Institute for the Arts (2001). Il vit et travaille à Los Angeles. Son travail a fait l’objet d’expositions individuelles au Museum für Gegenwartskunst à Bâle, en Suisse; au Museum of Contemporary Art à Détroit (Mich.); au REDCAT à Los Angeles; au Lentos Kunstmuseum à Linz, en Autriche; au San Francisco Museum of Modern Art; au Hammer Museum à Los Angeles; et au Studio Museum Harlem à New York.

Il a également fait partie de la Biennale du Whitney Museum of American Art en 2008 et participé à des expositions collectives au Museum of Modern Art à New York; à l’Astrup Fearnley Museum of Art à Oslo; au San Diego Museum of Contemporary Art; au Bronx Museum; et au Museum of Contemporary Art à Los Angeles. Ses œuvres font partie de nombreuses collections publiques, dont celles du Whitney Museum of American Art et du Museum of Modern Art à New York; du Hammer Museum à Los Angeles; du Ludwig Museum à Cologne, en Allemagne; du Walker Art Center à Minneapolis (Minn.); de l’Orange County Museum of Art (Calif.); et du Los Angeles County Museum of Art. En 2014, Arceneaux présentera des expositions individuelles à Susanne Vielmetter Los Angeles Projects et au Papillion Institute of Art à Los Angeles. Il est représenté par Susanne Vielmetter Los Angeles Projects et par la Galerie Praz Delavallade à Paris.

Vielmetter.com/artists/edgar-arceneaux

Évènements
22.10.2014 Conversation
Musée McCord - Théâtre J. Armand Bombardier

En savoir plus
Vidéos
Table ronde - Edgar Arceneaux, Isabelle Hayeur, Étienne Tremblay-Tardif, Althea Thauberger

BNLMTL 2014: « L’avenir (looking forward) »
22/10/14 – 04/01/15