Mikko Canini
Untitled (Interview), 2011
Musée d'art contemporain de Montréal
22.10.14 – 04.01.15

Chacune des deux installations présente une séquence de quatre-vingts diapositives 35 mm dans un projecteur de marque Kodak Carousel : donc, un film en fragments. Dans les deux cas, les énoncés en jaune éclatant servent de sous-titres à des images de fond qui n’ont rien d’aléatoire.

Sans titre (Interview) (2011), la plus ancienne des deux, réunit des images en couleur puisées dans des sources en ligne, choisies pour leur qualité indicielle ou documentaire : un schéma scientifique, une pièce d’auto à vendre, une piscine de cour. Superposés à cette « information », les fragments de texte de Canini servent d’étrange contrepoint. Les mots n’offrent pas de lien direct avec les images, alors qu’on s’attendrait à ce qu’ils agissent comme un commentaire. On nous laisse donc volontairement à nous-mêmes. Bien qu’énergique et débordante de renseignements précis, cette voix muette parle d’un passé récent à partir d’un point incertain, en mouvement, dans le temps.
—PG

Détail de Untitled (Interview), 2011, projection de diapositives, dimensions variables (avec l’aimable permission de l’artiste)
Détail de Untitled (Interview), 2011, projection de diapositives, dimensions variables (avec l’aimable permission de l’artiste)
Untitled (Lecture), 2012
Musée d'art contemporain de Montréal
22.10.14 – 04.01.15

Plus récente, Sans titre (Lecture) (2012) présente un collage de photographies architecturales en noir et blanc, prises au Canada et au Royaume-Uni, encore une fois avec des sous-titres en jaune. Bien que ces mots construisent un récit fictionnel cohérent, la signification en demeure fracturée et l’implantation temporelle, incertaine. Ici, les frontières entre le passé et le futur sont incertaines, et les histoires semblent claustrophobes, aliénées, affichant même leur amorphisme, malgré la somme de données dont elles disposent. Ces œuvres sont contemporaines d’un présent post-internet et d’une réalité permanente d’après-guerre, et constituent une réponse réfléchie et ambivalente à la surabondance de prévisionnistes et de marchands de la peur dont les données sont impossibles à traduire en connaissances significatives.
—PG

Détail de Untitled (Lecture), 2012, projection de diapositives, dimensions variables (avec l’aimable permission de l’artiste)
Détail de Untitled (Lecture), 2012, projection de diapositives, dimensions variables (avec l’aimable permission de l’artiste)
Biographie

Né en 1975 à Guelph (Ont.), l’artiste et auteur Mikko Canini vit à Toronto. Il a participé à plusieurs expositions dans le monde, parmi lesquelles Urbicide à Workshop à Venise, en Italie (2012) ; Cosmophobia à L’Atelier – Kunst(spiel)raum à Berlin (2012) ; Jet Black White Noise à Xero, Kline & Coma à Londres (2011) ; et A Theatre to Address: In Excessive Structure à Cartel à Londres (2010). Ses œuvres ont également été présentées à l’occasion des programmes de projection Late at Tate: The Real Thing à la Tate Britain à Londres (2008) ; In a Manner of Speaking à la Transmission Gallery à Glasgow (2009) ; et New Work UK: The Sensible Stage à la Whitechapel Gallery à Londres (2008).

Canini a récemment publié une série d’images dans Spike Art Quarterly (no 35, printemps 2014) et écrit un essai pour le livre Realism Materialism Art, à paraître prochainement aux éditions Sternberg Press à Berlin.

Évènements
23.10.2014 Conversation
Musée McCord - Théâtre J. Armand Bombardier

En savoir plus
Vidéos
BNLMTL 2014 - Table ronde avec Mikko Canini, Lynne Marsh, Simone Jones