Nicolas Baier
Eternity, 2014
Musée d'art contemporain de Montréal
22.10.14 - 05.02.15

Éternité est une sculpture dont la présence en impose. En effet, ce rideau sinueux en acier inoxydable au fini miroitant s’élève à plus de trois mètres, fait au-delà de sept mètres et demi de longueur et presque deux mètres d’épaisseur. Composé de nombreuses couches impeccablement empilées, l’extérieur exclut les traces d’imperfection que seraient les vis d’assemblage ou les articulations visibles entre les sections.

Ce mur de miroir – permanent, inattaquable – dissimule un message à la vue de tous : le mot Éternity écrit en cursive classique. Pourtant, comme l’œuvre ne peut pas être vue en plongée, la connaissance, voire la reconnaissance, de l’« éternité » nous est catégoriquement niée. Sur la surface réflexive mais impénétrable d’Éternity, Baier cherche à donner forme au mystère infini du monde et au vain désir de l’humanité de vouloir comprendre l’avenir.

Les miroirs figurent dans plusieurs œuvres antérieures de Baier, entre autres, dans une maquette grandeur nature de son poste de travail (Bureau, 2012), dont tous les éléments en nickel miroitant sont enfermés dans une boîte de verre. Pour ses Vanités, 2007-2008, des numérisations composites de vieux miroirs au tain défraîchi reflètent l’inexorable passage du temps. Allant de la photographie stratifiée à la numérisation composite hyper rapprochée, Baier trouve dans le miroir un exceptionnel outil de transformation et d’engagement : une représentation de la perception en soi.
—PG