Simone Jones et Lance Winn
End of Empire, 2011
Musée d'art contemporain de Montréal
22.10.14 – 05.02.15

Dans l’installation filmique intitulée End of Empire, un dispositif à travelling sert de support à la projection, alors que la sculpture en mouvement devient à la fois machine et image, affirmation et proposition.

Ici, le mot « empire » s’ouvre à de multiples renvois : d’abord, à l’iconique Empire State Building de New York puis au tout aussi iconique film d’Andy Warhol, Empire (1964), ce portrait de huit heures consacré au célèbre building de Manhattan, lui-même le site du climax dramatique d’un classique du cinéma, King Kong (1933) avec Fay Wray. Il pourrait, enfin, évoquer la fin de l’empire américain.

Pour cette œuvre, Jones et Winn ont recréé et animé le fameux portrait statique de Warhol. Alors que le dispositif de travelling recule, l’image projetée se déplace lentement sur le mur pour rejoindre le plafond, nous engageant ainsi dans une expérience de visionnement cinétique qui est étroitement liée à l’espace architectural de la galerie. Pendant que l’image du film refait inexorablement son chemin vers son emplacement d’origine, on réalise que l’édifice n’est maintenant plus là. Il ne reste que l’arrière-plan d’un profil urbain nocturne.

Ce changement est étrangement subtil et le choc en est sournois : du coup, une autre tour disparue vient à l’esprit, tout comme la suggestion d’une Amérique à nouveau en proie à une attaque. En vingt minutes à peine, un nouvel avenir est présagé et une confortable certitude se voit sujette à une perte totale.
—PG

End of Empire, 2011, sculpture kinétique (avec l’aimable permission des artistes et de la Ronald Feldman Gallery, New York)
Simone Jones

Née à Haliburton (Ont.) en 1966, l’artiste interdisciplinaire Simone Jones pratique le cinéma, la vidéo, la sculpture et l’art électronique. Elle est titulaire d’un diplôme spécialisé en art expérimental de l’Ontario College of Art (aujourd’hui l’Université de l’École d’art et de design de l’Ontario) et d’une maîtrise en beaux-arts spécialisée en installation sculpturale de l’Université York à Toronto. De 2000 à 2003, elle a été professeure adjointe invitée à l’Université Carnegie Mellon, à Pittsburgh, en plus d’avoir été affectée à l’École d’art et d’art de robotique. Elle est actuellement professeure associée en art à l’Université de l’École d’art et de design de l’Ontario, à Toronto, où elle enseigne au programme de médias intégrés.

Ses œuvres ont été présentées dans des expositions individuelles, notamment au Rodman Hall Art Centre à St. Catharines (2013); à la Thames Art Gallery à Chatham (2013); et à la Doris McCarthy Gallery de l’Université de Toronto à Scarborough (2013) en Ontario; au Crane Arts Center (espace projet Icebox) à Philadelphie (2012); à Ronald Feldman Fine Arts à New York (2011); à la Walter Phillips Gallery au Banff Centre (Alb., 2007); et à la Regina Gouger Miller Gallery à Pittsburgh (Penns., 2001). Jones a également fait partie des expositions collectives Alex Colville Retrospective au Musée des beaux-arts de l’Ontario à Toronto (2014); Free Ride Art Space à la Fabbrica del Vapore à Milan, en Italie (2013); The White Show au Pittsburgh Center for the Arts, à Pittsburgh, aux États-Unis (2013); MACHines au Centre des arts d’Enghien-les-Bains, en France (2012); et Start/Stop à la Galerie Leonard & Bina Ellen de l’Université Concordia à Montréal (2008). Jones vit et travaille à Toronto. Elle est représentée par Ronald Feldman Fine Arts à New York.

simonejones.com

Lance Winn

Né à Kansas City, Miss., en 1970, l’artiste, auteur et commissaire d’exposition Lance Winn détient une maîtrise en beaux-arts spécialisée en peinture de la Cranbrook Academy of Art (1996). Son travail a été présenté aux États-Unis et à l’étranger. En 2007, la Freedman Gallery de l’Albright College à Reading (Penns.) présentait une exposition de cinq ans de production de l’artiste. Ses projections robotiques, réalisées en collaboration avec Simone Jones, ont été exposées au Canada et aux États-Unis. Winn a collaboré à des catalogues d’exposition, dont Reproduction, publié par la Lemberg Gallery à Detroit (2001); Pause, réalisé en accompagnement d’une exposition individuelle de l’œuvre de Brian Bishop à l’Université de l’Alabama, à Tuscaloosa (2005); et InWords, publié à l’occasion d’une exposition qu’il a lui-même mise sur pied à l’Université du Delaware, à Newark. En tant que commissaire, Winn a récemment écrit un essai en collaboration avec René Marquez pour l’exposition The Object of Nostalgia, présentée au Columbia College à Chicago (2010). Will est professeur à l’Université du Delaware, où il dirige le programme de maîtrise en beaux-arts et fait partie du Center for Material Culture Study. Il vit à Wilmington au Delaware.

Évènements
23.10.2014 Conversation
Musée McCord - Théâtre J. Armand Bombardier

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Vidéos
BNLMTL 2014 - Table ronde avec Simone Jones, Lynne Marsh, Mikko Canini