Taysir Batniji
Interface, 2014
Musée d'art contemporain de Montréal
22.10.14 - 04.01.15

Cette sélection de onze photographies fait partie d’une plus grande série créée au Bahreïn où elle fut exposée pour la première fois en 2014. Interface saisit des seuils de toutes sortes : la rencontre du sable et de l’eau, du désert et de la ville, et des signes, partout, de transition, de perturbation et de désordre. Amas de terre ou dunes de sable isolés nous bloquent l’entrée à ces lieux où l’horizon est suggéré mais rarement révélé. Les bâtiments sont également en transition, en train de s’effondrer ou d’être restaurés, leur histoire non divulguée. La présence humaine n’est jamais montrée, mais est partout suggérée, dans les camions délaissés, les fauteuils abandonnés et les traces de pneus au ton de rouge. Cette terre est un entre-deux.

Taysir Batniji travaille dans plusieurs médiums, dont la photographie et la vidéo, les installations sculpturales et les performances. Le texte occupe souvent une place centrale dans sa pratique, comme dans le récent Imperfect Lovers (2013), où se côtoient deux mots arabes en néon, « Révolution » et « Richesse ». Composés des mêmes lettres, les mots semblent identiques au départ, mais un changement d’accent pour une lettre les divise complètement, dévoilant une discorde naturelle. Pour Batniji, le déplacement, la disparition et les illusions de toutes natures sont des enjeux dont l’intérêt ne tarit pas.
—PG

Images de la série Interface, 2014, série de 79 photographies, jet d’encre sur papier, 80 x 53 cm (avec l’aimable permission de l’artiste, Galerie Eric Dupont, Paris, et Sfeir-Semler Gallery, Beyrouth, Liban et Hambourg, Allemagne ; une commande du Ministère de la culture du Bahreïn, 2013)
Images de la série Interface, 2014, série de 79 photographies, jet d’encre sur papier, 80 x 53 cm (avec l’aimable permission de l’artiste, Galerie Eric Dupont, Paris, et Sfeir-Semler Gallery, Beyrouth, Liban et Hambourg, Allemagne ; une commande du Ministère de la culture du Bahreïn, 2013)
Biographie

Né en 1966 à Gaza, en Palestine, Taysir Batniji a étudié à l’Université Al-Najah à Naplouse. En 1994, il a obtenu une bourse de l’École des beaux-arts de Bourges, en France. Depuis, il partage son temps entre la France et la Palestine.

Sa première exposition, composée d’œuvres réalisées à Gaza, a eu lieu à Paris en 2002. Depuis lors, Batniji a participé à de nombreuses expositions et biennales, dont les Rencontres d’Arles (2002) ; C’est pas du Cinéma! au Fresnoy à Tourcoing, en France (2002) ; Dreams and Conflicts, Contemporary Arab Representations à la 50e Biennale de Venise (2003) ; Heterotopias à la Biennale de Thessalonique, en Grèce (2007) ; la Biennale de Sharjah, aux Émirats arabes unis (2007) ; Palestine c/o Venice à la 53e Biennale de Venise (2009) ; The Future of a Promise à la 54e Biennale de Venise (2011) ; Now Babylon au Louisiana à Humlebæk, au Danemark (2014) ; Recreational Purpose au Musée national de Bahreïn à Manama (2014) ; et Everyday Rituals au Maraya Art Centre à Sharjah (2014).

En 2012, Batniji était lauréat du Abraaj Group Art Prize (Dubaï). Ses œuvres font partie de nombreuses collections prestigieuses, dont celles du Centre Pompidou et du FNAC en France ; du Victoria and Albert Museum et de l’Imperial War Museum à Londres ; de la Queensland Art Gallery à South Brisbane, en Australie ; et du Musée national de Zayed à Abu Dhabi. Batniji est représenté par la Sfeir-Semler Gallery à Beyrouth, au Liban et à Hambourg, en Allemagne ; et par la Galerie Eric Dupont à Paris.

taysirbatniji.com